Pour une classe politique plus populaire
La parité sociale en politique, c’est l’objectif du collectif de chercheurs et militants, Démocratiser la politique. Pour comprendre pourquoi seulement 5 % des élus viennent des classes populaires, le collectif a analysé des millions de candidatures aux élections. Taoufik Vallipuram, l’un des cofondateurs, nous présente les premiers résultats de ce travail.
1 candidat sur 3 mais seulement 1 élu sur 20
« Après les législatives de 2022, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose quand on a vu que trop peu d’élus étaient issus des classes populaires », raconte Taoufik Vallipuram, cofondateur de Démocratiser la politique. Seuls 8 ouvriers et 26 employés sur 577 députés avaient alors été élus (source : Observatoire des inégalités), soit dix fois moins d’ouvriers et six fois moins d’employés que compte la population active, selon les chiffres de l’Insee.

« Pourtant, 31 % des candidats sont issus des classes populaires… », se désole le cofondateur du collectif avant d’insister, « il faut comprendre d’où vient cet écrémage pour pouvoir changer les choses ». Pour tenter de trouver une réponse à cette question, les quelques dizaines de personnes du collectif ont décortiqué plus de 2,75 millions de profils de candidats. Soit l’ensemble des personnes qui se sont présentées à une élection en France, les vingt dernières années. Au bout de trois ans de travail, ils esquissent enfin les premières conclusions.
Marseille ne déroge pas à la règle
Le constat est sans appel, seulement deux élus issus des classes populaires pour 10 000 candidats. Un chiffre qui monte à 24 chez les classes supérieures, soit 14 fois plus. « C’est même pire à Marseille », déplore Taoufik Vallipuram. En effet, leur travail montre une sous-représentation importante des classes populaires et des classes moyennes, dans les 4e et 5e arrondissements.
« On pense qu’il faut imposer la parité sociale à toutes les élections comme on l’a fait pour la parité femme-homme », insiste celui qui s’intéresse aux questions démocratiques depuis plus de 10 ans. « Il est primordial de mettre ce sujet au cœur du débat pour les prochaines élections pour espérer sortir de la crise actuelle », conclut Taoufik Villapuram. Une trentaine d’obstacles a été identifiée par le collectif, qui viendra présenter les conclusions de son travail à Marseille, le 29 juin prochain. Plus d’informations à retrouver sur leur site.


